Il fut quelques temps quelque part. J’eus l’habitude de publier des liens vers des blogs témoignant de la vivacité/véracité de la vie à Madagascar. Celle qui dépasse les clichés, que l’on croise tous les matins en attendant le bus à 6h du matin après avoir pu avalé un café et un menakely. Aucune idée si untel/unetelle y a manifesté de l’intérêt – à vrai dire je n’ai toujours pas pu cerner le sens de ce blog – mais les petites idées ont continué à trotter dans ma cabosse et comme je prends beaucoup de plaisir à broder des liens et des histoires, l’envie m’a prise de demander à mes bons amis s’ils voulaient eux aussi prendre part au petit jeu “Madagascar … 50 ans après” et de partager à travers plusieurs générations de malgaches les espoirs d’avant, la réalité d’aujourd’hui ainsi les souhaits pour demain. Je fais donc appel à toutes les bonnes âmes d’initier la conversation (et de soumettre ici) si jamais vous avez dans votre entourage des personnes ayant vécu l’indépendance de 1960, la révolution de 1972, la vie dure dans les années 1980, les rues de 1991,…bref engagez-les à répondre à ces TRÈS courtes questions. J’attends impatiemment vos messages!
Qui es-tu?
Je suis née à Fianarantsoa dans la même année que l’Indépendance de Madagascar, j’y ai vécu pendant ma petite enfance, espacé par les vacances scolaires passés à Fort-Dauphin où vivaient des personnes de ma famille, et à Manantenina où j’avais de la famille également (village entre Taolagnaro et Farafangana, en longeant la côte est) dont je garde de très bons souvenirs.
Par la suite, nous avons déménagé pour Antananarivo pour des raisons familiaux, j’ai été mise en pension chez les soeurs à l’âge de 14 ans et à 16 ans mes parents m’ont annoncé que nous devions partir vivre en France, où j’ai continué mes études bac+3 formation infirmière.
Je vis en Seine et Marne, mariée et mère de trois grands enfants. J’ai de la famille qui vivent à Madagascar éparpillée dans les régions.
Quelles sont selon toi les plus belles années de Madagascar?
Les années de 1960 à 1968, car Madagascar vivait encore dans l’euphorie de l’Indépendance, dans le rêve d’un avenir fleurissant.
Ces années là étaient calmes, on vivait sans crainte, la nourriture et les médicaments ne manquaient pas et le prix des denrées était encore assez abordables.

Comment voyais-tu Madagascar en 2010 de cette époque?
J’étais trop jeune pour voir Madagascar projeté à 40 ans dans le futur. je crois que je rêvais de bicyclette pour tout le monde, ainsi que de frigidaire dans les maisons comme chez le marchand qui vendait des glaces.
Peut être que je rêvais d’égalité, car pendant que certains se déplaçaient en voiture, d’autres se tapaient des kilomètres à pieds pour les déplacements.
Ton message pour la postérité pour les 50 ans à venir pour les jeunes de 20 ans d’aujourd’hui
Finissez vos études ou les formations professionnelles, ensuite travaillez dur, n’attendez pas après les autres pour faire ce que vous pouvez faire, prenez votre vie en main, prenez soin de votre famille, de vos proches, de vos amis, et surtout ne perdez pas la Foi en Dieu.
Et si vous faites de la politique, ne laissez pas de côté les plus démunis, faites en sorte qu’ils aient une instruction, un travail, un toit, que les enfants sans exception puissent aller à l’école.
Il ne faut pas oublier qu’eux aussi font partie du futur de Madagascar.










Chère Tritriva,
Merci de partager tes 50 ans sur cette série en parallèle avec ce cher pays que nous aimons beaucoup beaucoup. Ton image du frigo dans la maison se transcrit tout simplement dans “l’apparition d’une classe moyenne” qui a peut-être survécu 2 minutes et fut étouffée bien au fond du gouffre sous les bottes des uns et les démagogies des autres. La société s’est transformée de telle manière que l’on ne se soucie que de soi et l’on survit dans une réalité précaire. La base, selon moi, et comme tu le rappelles, et de s’impliquer dans sa société. De ne pas se servir avant les autres mais de servir les autres afin de recevoir les bienfaits/fruits de ce travail communautaire. Un aspect à inculquer en priorité à tous ces jeunes, s’aider, s’entraider, se pardonner, se construire …
bon je me perds dans mon blabla qui ne veut absolument rien dire du point de vue de ma situation géographique. mais le coeur y est,
merci encore
oayyy, et pourquoi c’est mon avatar sur le profil de tritriva ? hihihi (c’est encore un coup de sunshine
)
c’est toi qui pose les questions non?
hahahaha – à ça j’y avais pas pensé lollllllll
Bonsoir Tritriva,
merci pour ton témoignage qui me ramène des années en arrière.
Tout comme toi, j’ai vécu ces belles années post-coloniales et en étais heureuse. Pure coincidence, j’ai vécu à Fianarantsoa aussi de 1961 à 1969! J’étais chez les soeurs de St Joseph de Cluny? Y étais-tu par hasard?
Ensuite, Antsirabe (toujours chez les Soeurs) et enfin Tana (toujours chez les Catho: chez les Soeurs et à l’Esca).
J’ai donc vécu les années 70 (j’entrais dans ma treizième année en 72) et ce qui s’ensuit: les années dures du socialisme. Pénurie de denrées alimentaires, longue file d’attente pour avoir – après 3 ou 4h d’attente et m^me plus – 3 kg de riz (et là je suis généreuse), 1 bouteille d’huile et 1 kg de sucre, une ou deux barres de savon… Tout était rationné.
Les tickets de transport en commun qui était de 10 fmg ont grimpé jusqu’à 50 fmg à la fin des années 70.
Mais je me souviens aussi que malgré ces sombres années, nous étions heureux à notre façon: comme tous les jeunes, nous aimions rire, danser, chanter, flirter, bref Vivre!
Les plus dures années étaient les année 80. Je me souviens de ces réveils à 3 heures du matin (et je n’exagère pas) avec ma mère pour déposer notre panier (un repère) dans la file d’attente , puis ensuite nous retournons à la maison pour nous recoucher et finalement nous réveiller à 6h pour voir si le camion de la coopérative qui apportait le Vary était là…
…Puis en 82, je suis partie continuer mes études en France. Mais cela est une autre histoire.
Merci Tritriva et je te fais de gros bisous même si nous ne nous connaissons pas encore.
“Raha manina anay ianareo e, dia ny masoandro jerena”.
Bonne soirée
Hanitriniony
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