Il fut quelques temps quelque part…on a compris. 1960 à 2010, Madagascar a viré du vert au rouge en un demi-siècle, nous y avons vu de toutes les couleurs. La conversation entre générations est engagée, il ne vous reste plus qu’à répandre la bonne nouvelle et inviter vos proches les plus sympas à partager leurs souvenirs, opinions et espoirs. Envoyez-moi vos réponses à ces 3 questions faciles, nous vous lirons impatiemment!!

Qui es-tu?

dotmgClasse 1965, la belle époque.?Les classes maternelles et primaires chez une des fameuses écoles des bonnes soeurs de la capitale dans une époque sans crise ni pénurie ni phobie de tous types de maniaques.?Les classes secondaires toujours chez les bonnes soeurs donc on était plus au moins à l’abri de la pure malgachisation après des séries de colle et coup de règle en fer si on se fait piquer parler malgache ou même si on se paumait dans la prononciation de stylo, car sytlo n’est pas français – hihihi?Le lycée par contre en pleine révolution socialiste où l’on nous voyait faire le Mitabe à Mahamasina et apprendre le Boky Mena sans parler des riz stock tampon qui me faisait raper la langue, la douleur aie aie aie.?Tandis que je m’éclatais au max durant le Service National, fière de notre promotion “Fanarenana”, appelée ainsi après des années de fraudes de sujet.?Sauf que les bonnes périodes finissent trop vite et l’étude germanique à université s’annonçait dure malgré une mediocre bourse d’étude. Donc à la deuxième année, il était préférable se trouver du boulot pour faire survivre la famille et ainsi j’étais devenue secrétaire d’un projet de la coopération allemande… la veine à l’époque, le Salut, la Providence pour la famille !!!?Puis le début années 90 me voyait partir m’immigrer en Italie pour finir à vivre une petite vie normale avec ma petite famille et mon petit bonheur.


Quelles sont selon toi les plus belles années de Madagascar?

dotmgDurant mon enfance, bien sûr, donc jusqu’à environ 1975. Ah les bonbons nounours dimy ariary (i.e 5 petits doux oursons pour 5 FMG), les bonbons pectos, les bonbons sigara, les bonbons règles, les biscuits trondro, les glaces minous et les clarinettes,…les beaux jouets à Noël, on pouvait se permettre encore des vacances en province. Bref on trouvait tout sur le marché, produits locaux et produits d’importation, le pouvoir d’achat était proportionnel au coût de la vie, on allait souvent aux fêtes forraines pour faire du manège et du cheval de bois. Les taxis 2Chevaux et QuatreL et les bus milklô (1000 kilos) et supergôlety (super Goelette) brillaient encore de neuf.?Puis tout a changé. Je me rappelais bien de la grève des étudiants en 1972 et je la trouvais très excitante comme dans les films. J’ai fait ma première communion le 14 mai 1972, ce qui fait que le 13 mai, j’étais en plein Analakely avec ma mère, on devait m’acheter des nouvelles paires de chaussures, et on était prises dans des rafales devant le “Service Civique” (la caserne des bérets verts à Andohan’Analakely). Je me marrais et je n’arretais pas de le raconter arrivée à la maison comment ma mère me tirait comme une folle : sauve qui peut ! Et bien sûr, pas de chaussures neuves, j’ai dû me taper des vieilles godasses de ma soeur.?Puis l’évènement de 1975 était bien net dans ma mémoire quand de notre balcon à Anjohy on assistait comme dans un théatre et on enregistrait avec la bande de magnétophone les ultimatum lancé à Bréchard Rajaonarison et les GMP à Antanimora après l’assassinat du Colonel Ratsimandrava : “Colonel Rajaonarison, mivoaha ianao. Milavoa lefona fa efa voahodidina ny toby” – yep yep carrément comme dans les films !!! C’était notre trophée de guerre qu’on faisait écouter à tout le monde notre enregistrement, là où entre deux coups de feu, il y a ma mère qui nous criait “éloignez-vous un peu car on risque la balle perdue comme ça” (hahahaha – combien de mètres séparaient Ankazotokana/Anjohy et Antanimora ? à vol d’oiseau il devrait y avoir quelques 5km ou plus même !)


Comment voyais-tu Madagascar en 2010 de cette époque?

dotmgDans ma jeunesse, donc je parle des années 80, je ne voyais pas Madagascar autrement que sous le joug du socialisme jusqu’à ma mort, tandis que dans la décennie qui suivait, je n’étais plus au pays pour l’imaginer autrement, alors que de grand changement a été apporté au dire de ceux qui faisait la navette Europe-Madagascar.?Personnellement et sincèrement, à l’époque je me voyais en 2010 une grande dame à lamba blanc qui sillonait tout Tanà et tout Mada au volant de notre bagnole, mariée à un vazaha coopérant – pinaizzzzzz – Oui, je rigole maintenant, mais à l’époque, comme toutes les générations des pauvres filles, je ne voyais la Providence qu’incarnée par un mariage avec un vazaha. Bien sûr il y a vazaha et Vazaha dans tout ça…entendons-nous bien.

Ton message pour la postérité pour les 50 ans à venir pour les jeunes de 20 ans d’aujourd’hui

dotmgLa bonne éducation, la bonne base d’éducation ça se voit toujours, ça trahit jamais et ça se repaie en estime, même dans une humble vie. Si tu veux investir, investis d’abord dans l’éducation de tes enfants, ça leur sert de capital, c’est un grand héritage, j’en suis convaincue par expérience vécue.

5 Responses to “Il était une fois Madagascar … selon Rondro”

  1. on 11 Jan 2010 at 3:59 amjogany

    la grande dame que tu es mérite tellement un gros MERCI pour la franchise de tes mots. Je pense que les jeunes de Mada ont le même rêve, ont-elles?, pourquoi donc? eh bien hier encore on criait après les foules et les colonels sur la même place du 13 mai et je suis certaine qu’une fillette voulait chercher aussi ses chaussures de communion est s’est retrouvée coincée entre 2 foules fratricides. par contre on me disait beaucoup de mauvaises choses supers tristes au sujet du service national. à tel point que je remerciais le ciel très souvent à je-ne-sais-quel-régime d’avoir mis fin au régime qui l’avait instauré. bon après on maudit le régime d’après pour une autre grosse connerie, celle de l’inflation en 1991 par exemple, et ainsi de suite.

  2. on 11 Jan 2010 at 10:41 amMany

    La bonne éducation en effet. D’accord avec toi. Je l’ai toujours pensé mais je dois avouer que ça ne fait que depuis 2 ans maintenant que je pèse réellement le poids de ces mots. Éduquer n’est pas chose facile. Mais c’est réellement la base comme tu dis.

  3. on 15 Jan 2010 at 5:20 amtomavana

    “Colonel Rajaonarison, mivoaha ianao. Milavoa lefona fa efa voahodidina ny toby”

    Ma curiosité m’a aussi souvent poussé à des actes plutôt impulsifs… pour être sûr de ne rien rater du “spectacle”
    http://malagasymiray.net/2007/06/28/greve/#comment-1202

  4. [...] Lizrapporté par Nathalie Il était une fois Madagascar…par Tritrivarapporté par Rondro(oui encore elle) Il était une fois Madagascar…par l’illustre inconnurapporté [...]

  5. [...] Lizrapporté par Nathalie Il était une fois Madagascar…par Tritrivarapporté par Rondro(oui encore elle) Il était une fois Madagascar…par l’illustre inconnurapporté [...]

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply