Le Spleen
By jogany • Apr 9th, 2008 • Category: Purple CornerN'importe où au monde
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre.
Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
"Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud, et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir!"
Mon âme ne répond pas.
"Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons?"
Mon âme reste muette.
"Batavia te sourirait peut-être davantage? Nous y trouverions d'ailleurs l'esprit de l'Europe marié à la beauté tropicale."
Pas un mot. - Mon âme serait-elle morte?
"En es-tu donc venue à ce point d'engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort.
- Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l'extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu'obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d'artifice de l'Enfer!"
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: "N'importe où! n'importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!"
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A Beaudelaire, je réponds par Beaudelaire
“Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli fr voiles et de mâts
Encore tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.”
Merci beaucoup Marie-Sophie.
Je suis une accro de la prose enfin comparé à la poésie qui m’a un peu ….traumatisée à l’école…
bisouxx
Tu sais comme je suis friande de beaux textes.
Une préférence pour la prose aussi,
Ton site est très pro. Manque plus que les AdSenses pour couronner le tout, non ?!
Imagine-toi je suis en pleine préparation! Avec le nouveau concept d’ad-senses pour les ONG et surtout pour les organismes de protection de l’Enfance on est en train de considérer cette option ! Blogging for a cause always.
Tu as suivi de très près mes délires CSS….lol
tu sais quoi! j’adore baudelaire! mis à part son talent, c’est surtout parce qu’il a été presque détesté par ses contemporains!lollllll
za oa nandra mihitsiny
“A chaque minute nous sommes écrasés par l’idée et la sensation du temps. Et il n’y a que deux moyens pour échapper à ce cauchemar : le plaisir et le travail. Le plaisir nous use. Le travail nous fortifie. Choisissons” il n’y a que lui pour écrire connerie pareille… on sait tous que le travail ça nous fatigue!lol
Décidément, je ne t’apprend s jamais rien
Hey, faut qu’on casse la croûte qlq part avec le beau temps qui s’en vient.
Et faut que j’te présente ma puce, tu verras elle est à croquer